Le Digital Cleanup Day (ou Journée mondiale du nettoyage numérique) est un événement annuel mondial qui vise à sensibiliser chacun à l’impact environnemental du numérique, qu’il s’agisse de la consommation d’énergie, du renouvellement des équipements ou des pollutions invisibles. En moins de dix ans, la part du numérique dans l’empreinte carbone nationale est passée de 2 % à près de 5 %. Pour limiter le réchauffement climatique, il est devenu essentiel d’intégrer la sobriété numérique dans nos usages quotidiens.
A cette occasion, et comme chaque année, la ville de Mulhouse, Emmaus Connect et la CCI Alsace Eurométropole ont organisé un webinaire afin d’aborder des questions autour du numérique responsable.
1. L’Intelligence Artificielle : entre innovation et impact environnemental
L’IA, et particulièrement l’IA générative, suscite de nombreux débats sur son coût écologique.
- Consommation de ressources : On estime que l’usage de l’IA mobilise des volumes d’eau considérables pour le refroidissement des centres de données et la production d’électricité. Par exemple, la consommation électrique mondiale des data centers pourrait doubler d’ici 2030, atteignant des niveaux comparables à la consommation annuelle du Japon.
- Réalité des usages : Si une requête simple sur une IA générative consomme environ autant qu’une recherche Google (0,3 Wh), l’impact grimpe considérablement dès que la requête devient complexe ou nécessite le traitement de nombreux caractères. De plus, « l’effet rebond » (ou paradoxe de Jevons) suggère que l’amélioration de l’efficacité énergétique de l’IA risque d’entraîner une explosion des usages, annulant ainsi les gains environnementaux.
- Bonnes pratiques : Pour réduire cet impact, il est conseillé de s’interroger sur la pertinence de l’usage de l’IA (est-elle vraiment nécessaire ?), d’apprendre à rédiger des prompts efficaces pour limiter les tâtonnements, et de privilégier les « petits modèles de langage » (SLM) moins énergivores.
2. La réutilisation : prolonger la vie pour réduire l’impact
Le saviez-vous ? La phase de fabrication est responsable de 50 % à 75 % de l’impact environnemental d’un appareil numérique.
- Le sac à dos écologique : Produire un seul ordinateur portable nécessite l’extraction de 800 kg de matières premières et la consommation de 200 000 litres d’eau.
- Le gaspillage local : Rien que dans le Grand Est, on estime que 130 000 ordinateurs fonctionnels sont jetés chaque année alors qu’ils pourraient bénéficier d’une seconde vie.
- L’action solidaire : Face à ce constat, des structures comme Emmaüs Connect développent des filières de reconditionnement via « LaCollecte.tech« . Donner son ancien matériel permet de lutter contre la fracture numérique (qui touche 16 millions de Français) tout en évitant près de 60 % de l’empreinte carbone liée à l’équipement.
3. Bonnes pratiques au quotidien : Mails et Stockage
Le stockage et les emails représentent jusqu’à 70 % du volume de données d’une organisation. Adopter une « hygiène numérique » permet non seulement de réduire sa consommation d’énergie mais aussi de gagner en efficacité opérationnelle.
Optimiser ses emails
- Alléger les envois : Un mail avec une pièce jointe est stocké au minimum cinq fois (expéditeur, destinataires, sauvegardes). Préférez l’envoi d’un lien de partage vers un espace cloud (type SharePoint ou OneDrive) plutôt qu’un fichier lourd.
- Nettoyage régulier : Prenez quelques minutes par semaine pour supprimer les newsletters inutiles et vous désabonner de celles que vous ne lisez plus.
Maîtriser son stockage avec la règle des « 3V »
Pour savoir si un document doit être conservé ou supprimé, posez-vous trois questions :
- Vrai : Le fichier est-il encore utile ou actif ?
- Vieux : S’il a plus de 3 ans et n’a jamais été consulté, sert-il encore ?
- Volumineux : Si le fichier est lourd, sa conservation est-elle justifiée ?
Enfin, privilégiez le travail collaboratif sur un document unique partagé plutôt que de multiplier les versions (V1, V2, V3 bis) envoyées par courriel.
Merci à Emmaüs Connect et à la Ville de Mulhouse pour leur contribution à cet événement.



